Normes européennes pour les casques de moto

A l’heure actuelle, les casques de moto doivent répondre à certaines normes et « exigences » pour pouvoir obtenir leur homologation. Au jour d’aujourd’hui, on connait deux normalisations que sont la norme ECE-22-04 et ECE-22-05. De base, cette norme a été définie par un organisme baptisé UNECE (United Nations Economic Commission for Europe). Cette organisation gère pour l’ensemble des pays de l’Union Européenne la normalisation et l’organisation relatives à l’homologation et aux différents systèmes de protection entres autres.

Que sait-on sur les normes ECE-22-04 et ECE-22-05 ?

Si l’on revient sur les deux normes citées ci-dessus, respectivement ECE-22-04 et ECE-22-05 (ECE-22-05 correspondant à une mise à jour de la norme ECE-22-04), on en déduit donc que la norme ECE-22-05 est donc logiquement plus rigoureuse que la ECE-22-04.

Norme sécurité ECE-R22.05

La norme ECE-22-05 a été promulguée en 2002 après avoir été votée après amendements en 2000. Depuis, c’est le vide interstellaire, il ne s’est plus rien passé, comme si le monde du deux roues n’avait plus évolué… Pourtant, la sécurité continue d’évoluer avec notamment, les gilets airbags, les jeans en kevlar et les nouvelles matières résistantes aux chocs et à l’abrasion.

Comment est établie la norme ECE-22-04 ou ECE-22-05 ?

Les deux normes ont été établies par des laboratoires privés ou publics ,et aucune mention n’indique par quel laboratoire précisément les tests ont été établis. A ce stade, on se pose déjà pas mal de questions quant à l’objectivité et l’impartialité de ces laboratoires. Certains sont sérieux et d’autres moins comme dans tous les domaines de tests et d’approbation. A ce stade, vous possédez un caque homologué mais qui ne vous sauvera peut-être pas la vie en cas de choc…

Ainsi, la norme ECE-22-05 est établie sur les points de contrôle suivants :

  • La résistance aux frottements
  • Le niveau de déformation du casque (le casque ne doit logiquement pas trop se déformer)
  • La résistance de la jugulaire
  • L’angle de vision
  • La visière
  • L’amortissement des chocs

Dans quelles conditions sont effectués les tests ?

Les tests ne sont pas effectués en conditions réelles. Les casques sont testés à une vitesse de décélération équivalente à environ 30km/h face à un obstacle. A l’issue de ce test, deux indicateurs vont être retenus et examinés : la mesure de décélération ou la force transmise sur le crâne (exprimée en « G ») mais aussi le HIC (Head Injury Criterion). Ce dernier indicateur correspond au degré de gravité des blessures.

En plus d’être utilisé dans le domaine de la moto, cette norme est également utilisée pour le sport ou les équipements de protection individuelle. Les tests HIC sont effectués à l’aide de mannequins de crashtest équipés de différents capteurs à la tête et aux dos. La norme autorise un HIC maximum de 2400. Cet indice étant évalué par la formule ci-dessous et étant considéré comme étant le seuil toléré pour l’obtention de la norme.

Le département de Neurochirurgie du Wisconsin a mené en 2005 une étude sur la norme CE en collaboration avec la Snell Memorial Foundation. L’étude a notamment démontré que les casques normés ECE-22-05 offraient une protection intéressante en cas d’impact léger… mais une protection insuffisante en cas d’impact lourd.

Niveau 1 Légers dommages au cerveau, avec maux de tête, vertiges, aucune perte de conscience, contusions.
Niveau 2 Commotion cérébrale avec ou sans fracture du crâne, perte de conscience de moins de 15 min, décollement de la rétine, fracture du visage et du nez.

Niveau 3
Commotion cérébrale avec ou sans fracture du crâne, perte de connaissance de plus de 15 min sans lésion neurologique grave, fractures multiples du crâne, perte de vision, fractures faciales multiples, fracture cervicale sans lésion de la colonne vertébrale.
Niveau 4 Fractures multiples du crâne avec de graves dommages neurologiques.
Niveau 5 Commotion cérébrale avec ou sans fracture du crâne avec plus de 12 h de perte de conscience, hémorragie du crâne et affection neurologique critique.
Niveau 6 Décès, fracture cervicale avec lésion de la colonne vertébrale.

Qu’est-ce que la Snell Memorial Foundation ?

Logo de la Snell Memorial Foundation


La SMF est une organisation a but non lucratif dont l’objectif est de faire évoluer la sécurité pour les casques. L’association doit son nom au pilote automobile William Pete Snell, décédé lors d’une compétition suite à un choc de tête parce que son casque ne l’avait pas suffisamment protégé. L’organisation Snell est connue pour avoir mis au point plus de 10 normes telles que la norme B-95 pour les casques vélo, la norme E2001 pour les casques d’équitation ou encore la norme M2015 pour les casques de moto.

Les normes Snell sont beaucoup plus exigeantes que les normes américaines ou européennes en la matière. De plus, les normes sont mises à jour tous les 5 ans.

La sécurité, une histoire d’argent ?

La norme ECE-22-05 offre un constat binaire : soit le casque de moto passe le test, soit il ne le passe pas. A ce stade, aucune autre indication n’est donnée. On ne sait pas si le casque a eu une bonne appréciation, une appréciation correcte ou encore passable. Aucune autre notation n’est donc indiquée quant au résultat du test. Cette évaluation fait référence au programme SHARP qui a été initié à l’époque par le gouvernement britannique.

En quelques lignes, ce programme proposait une batterie d’environ 30 tests pour ensuite aboutir à une notation du casque moto, en matière de sécurité (entre 1 et 5 étoiles). Programme qui n’a pas réellement plu au constructeur de casques de moto sachant qu’il a été mené de façon indépendante.

La vidéo ci-dessous vous présente un exemple de crashtest effectué dans le cadre du programme SHARP.

Une initiative française pour la sécurité en matière de casques moto

Force est de constater qu’il y a encore pas mal de travail à faire en matière de sécurité. Même si les casques actuels protègent mieux que les casques d’autrefois, il reste encore beaucoup de chemin à effectuer.

C’est de cette constatation qu’est née l’initiative Certimoov ! Élaborée et pensée par des scientifiques, cette initiative a pour but de tester objectivement la sécurité des casques en les notant de 1 à 5. Initiative qui ressemble de prêt aux tests britanniques SHARP mais avec des critères d’évaluation encore différents.

Certimoov est né d’un projet élaboré par la MAIF accompagné par l’Université de Strasbourg et de la Mutuelle des Motards. Une association tripartite qui donnera naissance à Certimoov : un site d’évaluation de casques moto basé sur des critères de sécurité poussés.

Quels sont les types de tests effectués par Certimoov ?

Concrètement CERTIMOOV essaie de bousculer les « vieilles normes » de sécurité pour apporter de la nouveauté et des tests complémentaires plus poussés. Les tests européens se faisant uniquement en situation rectiligne et les tests de chocs de tête se faisant avec une banale tête en mousse munie de capteurs, technique jugée moyennement fiable car ne permet pas de comprendre clairement le choc que va subir réellement le cerveau.

Concrètement, les notes sont précisément basées sur 6 types de chocs : 3 perpendiculaires et 3 latéraux/obliques. Au total, 6 casques sont utilisés pour pouvoir établir le rapport de test final. Les différentes courbes établies permettent aux bio-mécaniciens d’estimer le risque de blessures entre 0 et 5.

sécurité casques motos normes
Évaluation des chocs frontaux et obliques sur le cerveau (source : certimoov)

Vous pouvez d’ores et déjà vous rendre sur le site officiel www.certimoov.com pour retrouver les casques qui ont été testés sur le site. On y retrouve une base de casques moto et vélo par marque avec en face l’évaluation de 0 à 5.

certimoov site
Evaluez en ligne différents casques-moto et vélo avec certimoov.com

Que conclure sur les normes sécurité pour les casques moto ?

Aujourd’hui, le casques moto idéal n’existe pas… Aucun casque sur le marché n’est actuellement capable d’absorber intégralement les impacts et dommages causés lors d’un accident. Toutefois, certains ont la capacité de mieux prévenir les risques encourus lors d’un accident et mieux absorber l’impact en décélération et lors de chocs obliques et frontaux.

On sait également que les normes européennes sont largement discutables comme nous l’avons évoqué dans l’article. Des initiatives britanniques, américaines et françaises ont mis le doigt sur plusieurs lacunes et points de sécurité n’ayant pas été évalués lors des tests préexistants. Pourtant, il s’agit d’évaluation en situation réelle ayant un intérêt plus que concret pour la sécurité de tous ! Même si vous avez le meilleur casque du monde sachez que rien ne vaut la prudence !

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